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L’effet ciseau

16 octobre 2017 business plans , company blog , corporate views , private finance Pas de commentaires

L’effet ciseau fait partie des éléments du diagnostic financier. Il mesure l’évolution inverse des charges et des produits et permet d’expliquer la variation du résultat.

L’effet ciseau se traduit par le phénomène suivant :  les charges progressent tandis que les produits régressent. Si la tendance se poursuit, les charges et les produits finissent par se croiser c’est-à-dire que les charges deviennent plus élevées que les produits. Il en résulte alors un résultat déficitaire (perte).

Ce phénomène de croisement est, d’un point de vue économique, anormal puisque les produits et les charges doivent normalement évoluer dans les mêmes proportions. Une augmentation du chiffre d’affaires génère une hausse des achats de matières premières/marchandises, des charges de personnel etc. et inversement dans le cas d’une baisse d’activité.

Ceci reste évidemment théorique. Dans les faits, de nombreuses situations peuvent conduire à l’effet ciseau. La plus fréquente est le mécanisme d’inertie, c’est-à-dire l’impossibilité pour l’entreprise d’augmenter immédiatement ses prix de vente (par exemple pour des raisons contractuelles avec ses clients) suite à l’augmentation des prix des matières premières. De fait les charges augmentent et les produits stagnent voire régressent.

Le mécanisme d’investissement est également une situation traditionnelle pouvant entraîner un effet ciseau : l’entreprise va réaliser d’importants investissements qui vont plomber les résultats des premières années de mises en service en raison de l’augmentation des dotations aux amortissements, des intérêts sur emprunts (généralement les immobilisations sont financées par des emprunts bancaires et obligataires), des charges de personnel (quand les investissements ne sont pas de substitution) entre autres.

Plus largement, la structure de l’entreprise (poids des charges fixes, niveau d’endettement) et son secteur d’activité (exposition aux variations de prix des matières premières, des taux de change, niveau concurrentiel, élasticité de la demande par rapport aux prix…) rendront le risque d’effet ciseau plus ou moins élevé.

Par ailleurs, l’effet ciseau n’est pas toujours le résultat d’une mauvaise gestion par l’entreprise du couple charges/produits. En effet, des éléments extérieurs imprévisibles peuvent empêcher l’entreprise d’accroître ses produits comme le blocage des prix par l’Etat de certaines énergies ou des événements géopolitiques qui tendent le marché.

Rappelons enfin qu’une hausse des charges n’est pas synonyme de difficultés pour l’entreprise si dans le même temps les produits augmentent plus vite. L’entreprise est alors en phase de croissance. De même en phase de décroissance, la baisse du chiffre d’affaires sera d’autant moins préoccupante si les charges diminuent dans le même temps plus vite.

 

Antoine Bonnaud

Baisse de l’IS d’ici 2022 à 25%.

13 juillet 2017 business plans , company blog , private finance Pas de commentaires

La baisse de l’impôt sur les sociétés devrait se poursuivre. Après l’introduction d’une tranche intermédiaire à 28 % depuis le 1er janvier 2017, le gouvernement a annoncé la suppression des deux tranches (28% et 33,33%) pour ramener le taux d’imposition à 25% d’ici 2022, maintenant le flou sur le calendrier.

Le taux réduit à 15% jusqu’à 38 120 € de résultat fiscal n’a pas été évoqué et devrait donc être maintenu.

Cette réforme est surtout une aubaine pour les PME et GE, les petites entreprises n’étant pas ou peu assujetties à cet impôt (tranches 0% ou 15%).

L’essentiel du compte de résultat

26 mars 2017 business plans , corporate views Pas de commentaires

Que vous soyez jeune entrepreneur, investisseur ou salarié, l’analyse des comptes d’une entreprise est un prérequis indispensable pour comprendre l’environnement comptable, financier et celui de l’entreprise. Vous trouverez sur ce blog les éléments à maîtriser obligatoirement pour comprendre un compte de résultat.

  • le compte de résultat correspond à l’activité de l’entreprise sur un exercice comptable (généralement une année civile). Il se compose de charges et de produits qui sont répartis en trois catégories : l’exploitation (éléments qui concernent directement l’activité de l’entreprise comme le chiffre d’affaires côté produits et les achats de marchandises, les salaires, les loyers etc. côté charges), le financier (principalement les intérêts sur emprunts) et l’exceptionnel (amendes, plus-value de cession d’immobilisations etc.).
  • le compte de résultat permet de calculer la capacité d’autofinancement (CAF) et d’établir les soldes intermédiaires de gestion (SIG)
  • les charges et les produits ne représentent que l’exercice de l’année concernée. Il n’est pas possible d’enregistrer, par exemple, du chiffre d’affaires de 2016 dans le compte de résultat de 2017 (en référence au principe d’indépendance des exercices).
  • les achats et les ventes sont exprimés hors taxes de façon à neutraliser l’effet de la fiscalité.
  • les achats et les ventes sont enregistrés à la date de facture ou de livraison et non à la date de paiement et de règlement. Par exemple un chiffre d’affaires de 500 000 € inscrit en compte de résultat ne veut pas dire que l’entreprise a reçu en banque sur l’année 500 000 € mais que l’entreprise a facturé et/ou livré pour 500 000 € de produits et/ou services.
  • de fait, il ne faut absolument pas relier la trésorerie avec le compte de résultat. En effet, outre la notion de facturation/livraison, de nombreuses lignes ne sont pas des flux de trésorerie comme les dotations et reprises. Pour connaître la trésorerie de l’entreprise générée sur l’année, on réalise un tableau de flux de trésorerie. Vou devez donc enlever de votre raisonnement la notion de trésorerie lorsque vous lisez un compte de résultat.

Au-delà de ces notions « de base », certains postes du compte de résultat peuvent être difficiles à interpréter. Pour vous aider, voici quelques remarques non exhaustives sur les points pouvant porter à confusion ou à interrogation :

  • la production stockée correspond à une variation de stocks égale au stock final – stock initial. Si la variation est positive, cela veut dire que l’entreprise a stocké sur l’année. Si la variation est négative, l’entreprise a déstocké.
  • la variation de stocks de matières premières et de marchandises raisonne à l’envers et est égale au stock initial – stock final. Ainsi une variation positive signifie un déstockage tandis qu’une variation négative signifie un stockage.
  • les autres achats et charges externes concernent des postes très variés : loyers, publicité, transport, entretien et réparation, frais postaux, téléphone etc. Dans le cadre d’une analyse, il est souvent préconisé, dans la mesure du possible, et en particulier dans le cas d’un rachat ou d’un investissement, d’obtenir le détail de cette ligne car des charges lourdes peuvent influencer votre décision (en particulier les charges locatives).
  • les salaires et traitements n’intègrent pas les intérimaires qui sont classés en autres achats et charges externes.
  • les dotations aux amortissements indiquent si l’entreprise a réalisé des investissements sur l’année (si les dotations sont stables ou diminuent, ça n’est pas le cas).
  • les dotations sur actif circulant concernent le risque d’impayés clients et le risque de dégradation du stock.
  • le résultat financier est généralement négatif et essentiellement constitué des intérêts sur emprunts et concours bancaires (intérêts et charges assimilés).
  • le résultat exceptionnel est très volatile d’une année à l’autre en raison de son caractère « exceptionnel ». Il porte généralement sur les ventes d’immobilisations, des amendes, un redressement fiscal, l’amortissement dérogatoire et la quote-part de subvention virée au compte de résultat.
  • le résultat de l’exercice constitue un bénéfice ou une perte comptable mais pas un flux financier.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter.

Réforme de l’IS : ce qu’il faut savoir

26 février 2017 business plans , private finance Pas de commentaires

Le 1er janvier 2017 a vu une nouvelle tranche d’impôt sur les bénéfices entrer en vigueur. Voici ce qu’il faut retenir :

  • jusqu’à un bénéfice de 38120 €, c’est toujours le taux réduit de 15% (pour les entreprises n’excédant par un CA annuel HT de 7,63 millions d’€).
  • nouvelle tranche comprise entre 38120 € et 75000 €, c’est un taux de 28% à appliquer (hors organismes à but non lucratif qui ont une fiscalité particulière).
  • au-delà de 75000 €, taux normal de 33,33% (1/3)

Les conditions d’assujettissement à l’IS restent inchangées.

 

 

 

 

 

Diminuer son BFR pour augmenter sa trésorerie

24 janvier 2017 business plans , company blog Pas de commentaires

Le Besoin en Fonds de Roulement (BFR) est une problématique récurrente pour toutes les entreprises évoluant sur un secteur d’activité nécessitant du stock et des créances clients du fait de délais de règlements accordés. Un BFR trop élevé ou en augmentation d’un exercice à l’autre peut dégrader la trésorerie nette si le Fonds de Roulement (FR) ne suit pas la même évolution.

Une entreprise suivra donc avec soin l’évolution de son BFR et devra chercher à le diminuer en utilisant différents leviers :

  1. Maitriser ses stocks

Un stock constitue un flux de trésorerie non récupéré car ce stock n’a pas été vendu (marchandises, produits finis) ou n’a pas été transformé pour être vendu (matières premières, en-cours). Une augmentation trop importante du stock génère une dégradation de la trésorerie. L’entreprise doit donc maîtriser son niveau de stocks en tenant de paramètres qui sont propres à son activité (délai de fabrication, de livraison, stock de sécurité etc.). Pour maîtrises ses stocks, plusieurs leviers d’action plus ou moins faciles à mettre en place :

  • surveiller le délai de rotation des stocks : plus ce délai augmente, plus le BFR augmente.
  • améliorer la gestion des commandes de façon à ne constituer que du stock nécessaires à celles-ci.
  • plus complexe, réduire le délai global du processus de l’activité entre l’achat des matières premières et la livraison des produits finis aux clients. Cette problématique est particulièrement adaptée aux entreprises qui fabriquent leurs produits à l’étranger avec des volumes très importants et des délais de livraison dépassant un mois.

2. Réduire le délai de règlement des clients

Une créance client correspond à une vente non encaissée par l’entreprise, donc un flux de trésorerie manquant pour financier ses besoins à court terme (paiement des charges de structure etc.). Plus le délai de règlement augmente, plus le BFR progresse. Il convient donc de réduire ce délai :

  • suivre constamment la balance âgée clients et mener une politique de relance pour tout client dépassant le délai de facturation.
  • soumettre une politique d’escompte attractive pour inciter les clients à régler plus vite.
  • remettre à l’escompte des effets de commerce afin de percevoir plus rapidement le montant de la créance bien qu’imputée par les frais d’escompte facturés par la banque.
  • procéder à l’affacturage, c’est-à-dire la cession de créances à un factor. Cette technique permet également à l’entreprise de se soustraire au risque de défaut à travers une assurance-crédit.
  • pratiquer des cessions Dailly, c’est-à-dire céder ses créances à un cessionnaire vers lequel le client devra se tourner pour régler sa facture. L’entreprise cédant devra toutefois suivre le recouvrement des créances cédées contrairement à l’affacturage. En outre, la ligne de financement est plafonnée.

3. Maintenir un délai de paiement raisonnable

Retarder le paiement de factures fournisseurs permet à l’entreprise de conserver plus longtemps sa trésorerie sur son compte bancaire. Mais cette technique peut générer des effets pervers :

  • subir des pénalités de retard si cela a été négocié contractuellement
  • perdre de la crédibilité dans les négociations commerciales, se traduisant par des prix moins attractifs. En effet, un fournisseur sera peu enclin à pratiquer des réductions commerciales à un mauvais payeur.
  • briser une relation commerciale avec un fournisseur et dégrader son image auprès des acteurs du secteur. Il deviendra alors plus difficile à l’entreprise de trouver des fournisseurs de qualité, ce qui dégradera la qualité des produits vendus aux clients et donc toute l’activité et la structure financière de l’entreprise.

Une entreprise devra donc veiller à payer ses fournisseurs dans un délai raisonnable. Plusieurs lois ont fixé un délai acceptable : la loi de modernisation économique du 04 août 2008 parle de 45 jours fin de mois mais des délais plus longs sont possibles par accord interprofessionnel. La loi du 17 mars 2014 relative à la consommation parle de 45 jours nets. Plusieurs lois ont également été votées ces dernières années pour renforcer les sanctions contre les retards de paiement, notamment la loi Sapin 2 du 09 décembre 2016.

Le Crowdfunding, une alternative au financement bancaire

9 août 2016 business plans , company blog , corporate views , innovation , private finance Pas de commentaires

Le Financement Participatif France (FPF), plus communément appelé crowdfunding, est officiellement lancé en 2012. Il permet de financer des projets de nature entrepreneuriale, associative ou artistique et offrir une source de financement alternative aux établissements de crédit.

Plusieurs formes de crowdfunding selon la nature du projet et les attentes des investisseurs

Contrairement aux idées reçues et aux pratiques courantes des projets présentés via des plateformes Internet,  le crowdfunding ne prend pas pour unique forme le don bien que celle-ci soit particulièrement adaptée aux projets artistiques et associatifs. Pour les investisseurs et le financement d’entreprises, deux autres formes, existent :

  • Le crowdlending, c’est-à-dire le prêt participatif qui permet à un investisseur de financer un projet jusqu’à un million d’euros remboursable pour une durée maximale de 7 ans, avec ou sans intérêts.
  • Le crowdinvesting, qui revêt la forme classique de l’investissement dans une entreprise via l’entrée au capital et une éventuelle rémunération par les dividendes. La limite de financement est fixée à 2,5 millions d’euros par projet à partir de 2016 alors que le décret n°2014-1053 du 16 septembre 2014 fixait un plafond à 1 million d’euros. Un signal supplémentaire du réel engouement pour ce mode de financement qui permet à l’investisseur de peser sur les décisions de gestion et stratégiques de l’entreprise, notamment lors des assemblées générales.

Les risques de l’investisseur demeurent

Le crowdfunding reste un modèle d’investissement comme un autre qui expose les investisseurs au risque de faillite du projet financé. Aujourd’hui, les plateformes ont les armes législatives pour poursuivre en justice les apporteurs de projets qui ne rembourseraient pas, dans le cas du crowdlending, les investisseurs. Mais dans le cas d’une entreprise défaillante, les règles de la liquidation judiciaire s’appliquent et les créanciers n’ont souvent pas la possibilité de récupérer leurs fonds.

Il convient donc, pour tout investissement dans une entreprise, de respecter les règles de base de l’investisseur, à savoir rencontrer les créateurs du projet, étudier le business plan et s’informer sur le secteur d’activité de ce projet avant d’éventuellement le financer.

Enfin n’oubliez pas que passer par le crowdfunding rend public votre projet.

 

Antoine Bonnaud

 

Doper sa CAF pour faciliter le financement bancaire

9 août 2016 business plans , company blog , corporate views Pas de commentaires

Dans un contexte économique de plus en plus tendu et un environnement fortement concurrentiel, les PME sollicitent  les établissements de crédit pour obtenir des lignes de financement supplémentaires pour leur BFR et contracter des emprunts à moyen et long terme pour réaliser des investissements nécessaires au maintien de leur compétitivité.

Que les besoins de trésorerie soient à court ou long terme, l’accès à ces financements dépend principalement de la capacité d’autofinancement de l’entreprise (CAF). La CAF est la trésorerie dégagée par l’entreprise sur un exercice comptable. Elle regroupe l’ensemble des flux de trésorerie entrants (produits encaissés) et sortants (charges décaissés) synthétisés dans le compte de résultat. La notion de « flux de trésorerie » est essentielle pour comprendre la CAF. En effet, si le compte de résultat regroupe l’ensemble des produits et charges d’un exercice comptable (généralement une année), certains éléments ne sont pas des flux de trésorerie et doivent donc être annulés pour obtenir le montant de la CAF.

Les charges et les produits qui ne sont pas des flux de trésorerie sont principalement les dotations aux amortissements et les reprises. S’il existe deux méthodes pour calculer la CAF (additive(1) et soustractive) la très grande majorité des PME utilisent la formule simplifiée suivante : CAF = Résultat de l’exercice + Dotations aux amortissements – Reprises. Pour la réalisation d’un business plan, on ne tiendra pas compte des reprises.

La CAF pour les établissements de crédit

La CAF est donc une mesure du cash-flow (trésorerie) dégagé par l’entreprise. Plus son résultat est élevé, plus sa CAF augmente et plus l’accès au financement bancaire est facilité.

Les banques utilisent le ratio de capacité de remboursement pour calculer le montant qu’elles pourraient prêter aux entreprises. Ce ratio se calcule en divisant l’endettement net (dettes financières – disponibilités) par la CAF. Si ce ratio est supérieur à 3 ou 4 (selon la banque, le profil de l’entreprise et le relations commerciales entre les deux), les banques refuseront le financement ou demanderont des garanties supplémentaires si l’entreprise possède des actifs immobilisés (par exemple un nantissement sur fonds de commerce ou une hypothèque sur un bien immobilier).

Rappelons enfin que la CAF sert également à autofinancer des investissements, rembourser les emprunts, payer les dettes fournisseurs, fiscales et sociales, verser les dividendes aux actionnaires…Les entreprises doivent donc chercher à optimiser leur CAF pour renforcer leur solidité financière et assurer leur développement.

 

Antoine Bonnaud

(1) Formule additive pour calculer la CAF (la formule soustractive doit aboutir au même montant) =

Résultat net de l’exercice + Dotations aux amortissements – Reprises + Valeur comptable des éléments d’actifs cédés (#675) – Produits de cession d’éléments d’actifs cédés (#775) – Quote-part de subventions virées au résultat (#777)