logos

L’effet ciseau

16 octobre 2017 business plans , company blog , corporate views , private finance Pas de commentaires

L’effet ciseau fait partie des éléments du diagnostic financier. Il mesure l’évolution inverse des charges et des produits et permet d’expliquer la variation du résultat.

L’effet ciseau se traduit par le phénomène suivant :  les charges progressent tandis que les produits régressent. Si la tendance se poursuit, les charges et les produits finissent par se croiser c’est-à-dire que les charges deviennent plus élevées que les produits. Il en résulte alors un résultat déficitaire (perte).

Ce phénomène de croisement est, d’un point de vue économique, anormal puisque les produits et les charges doivent normalement évoluer dans les mêmes proportions. Une augmentation du chiffre d’affaires génère une hausse des achats de matières premières/marchandises, des charges de personnel etc. et inversement dans le cas d’une baisse d’activité.

Ceci reste évidemment théorique. Dans les faits, de nombreuses situations peuvent conduire à l’effet ciseau. La plus fréquente est le mécanisme d’inertie, c’est-à-dire l’impossibilité pour l’entreprise d’augmenter immédiatement ses prix de vente (par exemple pour des raisons contractuelles avec ses clients) suite à l’augmentation des prix des matières premières. De fait les charges augmentent et les produits stagnent voire régressent.

Le mécanisme d’investissement est également une situation traditionnelle pouvant entraîner un effet ciseau : l’entreprise va réaliser d’importants investissements qui vont plomber les résultats des premières années de mises en service en raison de l’augmentation des dotations aux amortissements, des intérêts sur emprunts (généralement les immobilisations sont financées par des emprunts bancaires et obligataires), des charges de personnel (quand les investissements ne sont pas de substitution) entre autres.

Plus largement, la structure de l’entreprise (poids des charges fixes, niveau d’endettement) et son secteur d’activité (exposition aux variations de prix des matières premières, des taux de change, niveau concurrentiel, élasticité de la demande par rapport aux prix…) rendront le risque d’effet ciseau plus ou moins élevé.

Par ailleurs, l’effet ciseau n’est pas toujours le résultat d’une mauvaise gestion par l’entreprise du couple charges/produits. En effet, des éléments extérieurs imprévisibles peuvent empêcher l’entreprise d’accroître ses produits comme le blocage des prix par l’Etat de certaines énergies ou des événements géopolitiques qui tendent le marché.

Rappelons enfin qu’une hausse des charges n’est pas synonyme de difficultés pour l’entreprise si dans le même temps les produits augmentent plus vite. L’entreprise est alors en phase de croissance. De même en phase de décroissance, la baisse du chiffre d’affaires sera d’autant moins préoccupante si les charges diminuent dans le même temps plus vite.

 

Antoine Bonnaud

Les travaux d’inventaire en fin d’exercice

26 avril 2017 company blog , corporate views Pas de commentaires

Avant de clôturer vos comptes annuels, des travaux d’inventaire sont nécessaires pour respecter l’ensemble des principes comptables et présenter aux divers parties (Etat, banques, actionnaires, salariés…) des comptes reflétant la situation économique et financière réelle de l’entreprise.

Ces travaux sont réalisés à la fin de votre exercice comptable (généralement en date du 31 décembre). Ils regroupent les opérations suivantes :

  • les amortissements : qu’ils soient linéaires ou dégressifs, avec ou sans option fiscale, ils sont enregistrés en fin d’exercice. Rappelons que les amortissements représentent la perte de valeur « normale » des immobilisations du fait de leur utilisation. Ils constituent une charge non décaissée (c’est-à-dire une charge qui n’est pas un flux d’argent donc qui n’imputera pas votre compte bancaire). La durée d’amortissement est fixée par le plan comptable général (PCG) et dépend de la nature des biens amortis.
  • les dépréciations : elles concernent exclusivement l’actif du bilan, c’est-à-dire ce que l’entreprise possède et représentent une perte de valeur « anormale » et « non définitive » d’un actif (on parle de caractère incertain). A la clôture de chaque exercice, l’entreprise doit faire le point sur l’état de son actif, poste par poste (immobilisations, stocks, clients et valeurs mobilières de placement). Si une perte de valeur est constatée, une dépréciation doit être comptabilisée, conformément au principe de prudence. En revanche, une absence de perte de valeur n’entraînera aucune écriture. Comme l’amortissement, une dépréciation est une charge non décaissée puisqu’elle correspond à une perte non définitive. Certaines dépréciations font l’objet d’un contrôle très strict des auditeurs et experts-comptables car elles représentent dans certains cas une perte « estimée » par l’entreprise comme le risque de défaut d’un client. Bien entendu, la comptabilité de l’entreprise doit être capable de justifier par des éléments matériels le montant des dépréciations.
  • l’inventaire de stocks : les entreprise ayant du stock doivent faire au-moins une fois par an (à la clôture) un inventaire pour évaluer leur stock. La valeur du stock de l’année dernière est annulée et remplacée par celle de cette année. Il existe deux principales méthodes de valorisation des stocks (PEPS – premier entrée premier sortie – et CUMP – coût unitaire moyen pondéré). En vertu du principe de permanence des méthodes, l’entreprise ne peut changer de méthode chaque année.
  • le rapprochement bancaire : il consiste à comparer le relevé bancaire envoyé par la banque avec le compte 512 Banque de la comptabilité de l’entreprise. Les écarts entre les deux soldes doivent être justifiés et des écritures de régularisation enregistrées. Il s’agit souvent de frais bancaires que l’entreprise n’avait pas pu comptabiliser ou de chèques déposés en fin d’année que la banque n’a encaissé qu’en début d’année suivante.
  • les charges constatées d’avance : il s’agit de charges payées par avance sur 2017 mais qui concernent 2018. En vertu du principe de séparation des exercices, l’entreprise doit à la fin de l’année annuler les charges payées par avance en 2017 au titre de 2018. C’est le cas notamment des factures d’assurance que l’on paie annuellement par avance ou encore un loyer à cheval sur deux années (ex : un loyer trimestriel de novembre 2017 à janvier 2018 payé par avance début novembre)
  • les provisions : elles se trouvent au passif du bilan et constituent des charges probables mais non définitives (caractère incertain) que devra payer l’entreprise dans le futur. Un litige prud’homal qui démarre en 2017 et qui sera jugé en 2018 doit faire l’objet dès 2017 d’une provision si les avocats estiment que l’entreprise devra payer des dommages & intérêts à son salarié. A l’issue du jugement, la provision sera reprise (annulée) et le montant réel sera comptabilisé en charges. La provision est également une charge non décaissée.  Les provisions font l’objet d’un suivi particulier des auditeurs et experts-comptables, tant sur leur justification que sur l’exactitude du montant estimé. Comme pour les dépréciations, les provisions doivent pouvoir être justifiées par des éléments matériels (courrier/mail/rapport d’expertise d’un avocat, d’une assurance, d’un fournisseur pour justifier un litige…).
  • les produits constatés d’avance : ils reposent sur le même principe que les charges constatées d’avance, sauf qu’il s’agit cette fois de produits.
  • les charges à payer et produits à recevoir : il s’agit de charges et produits concernant l’exercice 2017 mais dont la facture ne sera reçue qu’en 2018. Le principe de séparation des exercices rappelle que toute opération rattachée à l’exercice 2017 doit être comptabilisée sur cet exercice même si les factures seront envoyées/reçues en 2018. Ces charges et produits concernent également les intérêts courus sur emprunts et placements financiers payés/reçus en 2018 mais dont une partie concerne 2017. Un prorata temporis doit être comptabilisé.

Une fois ces opérations réalisées, l’entreprise pourra calculer certains impôts comme l’IS (après calcul du résultat fiscal), la CVAE ou encore le cadrage de la TVA.

L’essentiel du compte de résultat

26 mars 2017 business plans , corporate views Pas de commentaires

Que vous soyez jeune entrepreneur, investisseur ou salarié, l’analyse des comptes d’une entreprise est un prérequis indispensable pour comprendre l’environnement comptable, financier et celui de l’entreprise. Vous trouverez sur ce blog les éléments à maîtriser obligatoirement pour comprendre un compte de résultat.

  • le compte de résultat correspond à l’activité de l’entreprise sur un exercice comptable (généralement une année civile). Il se compose de charges et de produits qui sont répartis en trois catégories : l’exploitation (éléments qui concernent directement l’activité de l’entreprise comme le chiffre d’affaires côté produits et les achats de marchandises, les salaires, les loyers etc. côté charges), le financier (principalement les intérêts sur emprunts) et l’exceptionnel (amendes, plus-value de cession d’immobilisations etc.).
  • le compte de résultat permet de calculer la capacité d’autofinancement (CAF) et d’établir les soldes intermédiaires de gestion (SIG)
  • les charges et les produits ne représentent que l’exercice de l’année concernée. Il n’est pas possible d’enregistrer, par exemple, du chiffre d’affaires de 2016 dans le compte de résultat de 2017 (en référence au principe d’indépendance des exercices).
  • les achats et les ventes sont exprimés hors taxes de façon à neutraliser l’effet de la fiscalité.
  • les achats et les ventes sont enregistrés à la date de facture ou de livraison et non à la date de paiement et de règlement. Par exemple un chiffre d’affaires de 500 000 € inscrit en compte de résultat ne veut pas dire que l’entreprise a reçu en banque sur l’année 500 000 € mais que l’entreprise a facturé et/ou livré pour 500 000 € de produits et/ou services.
  • de fait, il ne faut absolument pas relier la trésorerie avec le compte de résultat. En effet, outre la notion de facturation/livraison, de nombreuses lignes ne sont pas des flux de trésorerie comme les dotations et reprises. Pour connaître la trésorerie de l’entreprise générée sur l’année, on réalise un tableau de flux de trésorerie. Vou devez donc enlever de votre raisonnement la notion de trésorerie lorsque vous lisez un compte de résultat.

Au-delà de ces notions « de base », certains postes du compte de résultat peuvent être difficiles à interpréter. Pour vous aider, voici quelques remarques non exhaustives sur les points pouvant porter à confusion ou à interrogation :

  • la production stockée correspond à une variation de stocks égale au stock final – stock initial. Si la variation est positive, cela veut dire que l’entreprise a stocké sur l’année. Si la variation est négative, l’entreprise a déstocké.
  • la variation de stocks de matières premières et de marchandises raisonne à l’envers et est égale au stock initial – stock final. Ainsi une variation positive signifie un déstockage tandis qu’une variation négative signifie un stockage.
  • les autres achats et charges externes concernent des postes très variés : loyers, publicité, transport, entretien et réparation, frais postaux, téléphone etc. Dans le cadre d’une analyse, il est souvent préconisé, dans la mesure du possible, et en particulier dans le cas d’un rachat ou d’un investissement, d’obtenir le détail de cette ligne car des charges lourdes peuvent influencer votre décision (en particulier les charges locatives).
  • les salaires et traitements n’intègrent pas les intérimaires qui sont classés en autres achats et charges externes.
  • les dotations aux amortissements indiquent si l’entreprise a réalisé des investissements sur l’année (si les dotations sont stables ou diminuent, ça n’est pas le cas).
  • les dotations sur actif circulant concernent le risque d’impayés clients et le risque de dégradation du stock.
  • le résultat financier est généralement négatif et essentiellement constitué des intérêts sur emprunts et concours bancaires (intérêts et charges assimilés).
  • le résultat exceptionnel est très volatile d’une année à l’autre en raison de son caractère « exceptionnel ». Il porte généralement sur les ventes d’immobilisations, des amendes, un redressement fiscal, l’amortissement dérogatoire et la quote-part de subvention virée au compte de résultat.
  • le résultat de l’exercice constitue un bénéfice ou une perte comptable mais pas un flux financier.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter.

Mise en sommeil d’une entreprise : les obligations demeurent.

24 novembre 2016 corporate views 1 commentaire

La mise en sommeil d’une entreprise est assimilable à une cessation temporaire d’activité qui ne peut excéder deux ans (1 an pour les entreprises individuelles, renouvelable une fois pour les entreprises exerçant une activité commerciale) sous peine de radiation.

Dans le cadre d’une entreprise à faible activité, un entrepreneur pourrait être tenté de mettre en sommeil son entreprise pour échapper à la fiscalité en attendant une possible relance de son activité quelques mois après. Pour éviter ces abus, la loi maintient la plupart des obligations administratives, comptables et fiscales. Nous listons ici quelques règles qui répondent aux questions les plus fréquemment posées.

  • dans le cas d’une mise en sommeil, tous les établissements font l’objet d’une cessation d’activité. L’entrepreneur ne peut pas mettre en sommeil l’établissement principal et continuer d’exploiter les établissements secondaires.
  • la cotisation foncière des entreprises (CFE) reste redevable pendant 12 mois. Il ne peut y avoir une exonération que pour la deuxième année (pour les entreprises pouvant rester deux années sans activité). L’avantage fiscal est donc limité mais existe, à savoir une année d’exonération de CFE.
  • le paiement des charges sociales du dirigeant sur la base minimale demeure dans le cadre du régime des TNS. En revanche, si le dirigeant est affilié au régime général, les charges sociales sont exonérées.
  • absence de déclaration et de paiement de la TVA. Il faudra toutefois veiller à ce que, dans le cas d’un crédit de TVA, l’entrepreneur se soit assuré de demander son remboursement avant de procéder à la mise en sommeil.
  • les obligations comptables d’établissement des comptes demeurent (bilan, compte de résultat) sauf pour les petites entreprises n’embauchant pas de salariés. Dans ce cas, les commerçants et entrepreneurs individuels sont dispensés de dépôts des comptes et les TPE peuvent établir un bilan et compte de résultat abrégés.
  • la déclaration de l’impôt sur les bénéfices demeure.
  • la mise en sommeil a un coût : 190,24 € en 2016 pour les sociétés et 104,34 € pour les entreprises individuelles (infogreffe) car elle doit faire l’objet d’une publication au Bodacc (frais qui intègrent également les émoluments du greffe, la TVA et les frais de l’INPI).
  • au terme du délai légal (1 ou 2 ans selon la forme juridique de l’entreprise), sans manifestation de la part de l’entrepreneur, l’entreprise sera dissoute et radiée du RCS (ou RM). Le dirigeant aura alors six mois pour contester auprès du juge commis à la surveillance des registres.
  • au terme du délai légal, l’entrepreneur peut décider de reprendre l’activité ou de la céder. La cession immédiate après une ou deux années d’inactivité peut toutefois s’avérer peu intéressante pour l’entrepreneur, en particulier dans le cas d’un fonds de commerce, car l’absence d’activité entraînerait une forte dépréciation de l’actif.
  • enfin la radiation empêche le renouvellement d’un bail commercial.

Pourquoi faut-il déposer ses comptes ?

3 octobre 2016 company blog , corporate views Pas de commentaires

La loi impose à la plupart des entreprises de déposer à chaque clôture d’exercice leurs comptes sociaux au greffe du tribunal de commerce de la ville du siège social de l’entreprise. Mais pourquoi une telle obligation et une entreprise peut-elle s’y soustraire ?

Une obligation légale pas suffisamment respectée par les petits structures

Le dépôt des comptes annuels est une obligation légale visant à rendre transparente l’activité de l’entreprise. Cette mesure rentre dans le cadre de la communication financière d’une entreprise mais ne concerne ni les entrepreneurs individuels (sauf les EIRL) ni les sociétés civiles immobilières (SCI).

Si les entreprises rentrant dans les seuils de l’expertise-comptable déposent obligatoirement leurs comptes via leur expert comptable, celles ne rentrant pas dans les seuils sont souvent tentées de se soustraire à cette obligation. Elles s’exposent alors à une amende de 1500 €, une somme parfois dérisoire selon la situation économique et financière de l’entreprise et donc peut incitative à la transparence.

Pourquoi de nombreuses entreprises ne publient pas leurs comptes ?

On peut identifier trois principales raisons :

  • une méconnaissance de la loi : en effet, de nombreuses entreprises sont créées par des entrepreneurs qui n’ont pas ou peu de notions comptables et fiscales.
  • par soucis de confidentialité : tous les entrepreneurs n’ont pas envie de publier leurs comptes, notamment les entreprises familiales. Cette crainte est d’autant plus grande que le greffe communique les comptes à certains sites comme société.com. De nombreux entrepreneurs ont ainsi vu leurs comptes sur ces sites gratuits (contrairement au site du greffe, infogreffe, où l’accès aux comptes est payant) accessibles à tous sans avoir été concertés. Pour pallier à ce problème, le code de commerce Article L.232-25 permet aux micro-entreprises depuis le 1er janvier 2015 de joindre à leur dépôt une déclaration de confidentialité qui interdit au greffe de publier les comptes sur son site ou sur des sites partenaires. Pour rappel, une micro-entreprise ne doit pas dépasser deux des trois seuils suivants : CA de 700 K€, total bilan de 350 K€, effectif moyen de 10 salariés.
  • pour éviter une contrainte administrative et financière supplémentaire : le coût de publication est d’environ 45 € + 5 € de frais d’envoi, soit un coût global TTC de 50 € environ, la récupération de TVA étant marginale (moins de 3 €). La somme de documents à déposer peut-être lourde selon la taille de l’entreprise (les grosses entreprises passeront par un expert-comptable). Les micro-entreprises devront essentiellement déposer les comptes annuels (bilan, compte de résultat et pour certaines les annexes) et le procès verbal d’approbation des comptes et d’affectation du résultat.

Les avantages à publier les comptes

La publication des comptes ne doit pas seulement être perçue comme une contrainte législative supplémentaire. Elle est une source de communication financière indispensable pour toute entreprise qui souhaite se développer et trouver des financements supplémentaires. Ainsi les investisseurs et les banques pourront se montrer méfiant s’ils constatent que vous ne publiez pas les comptes, ce qui signifie également que ceux-ci n’ont pas été certifiés par un expert-comptable car celui-ci a l’obligation de les déposer au greffe (sauf si la forme juridique ne l’oblige pas comme pour les SCI par exemple). Des comptes non certifiés feront fuir une grande partie des apporteurs de fonds aguerris.

Mais l’absence de publication peut aussi nuire à votre activité commerciale. En effet, face à la multiplication des liquidations judiciaires, les clients et les fournisseurs se montrent de plus en plus méfiants et n’hésitent plus à consulter la santé financière des entreprises avant de traiter avec elle. Le risque pour le fournisseur sera de ne pas être payé tandis que le risque pour le client sera de ne pas avoir reçu une commande ayant fait l’objet du versement d’un acompte voire de la totalité de la somme.  En rendant public votre solvabilité, vous offrirez à vos partenaires des garanties supplémentaires.

Enfin les salariés de votre entreprise peuvent aussi consulter les comptes pour sonder la santé financière de l’ entreprise dans laquelle ils travaillent. En constatant une dégradation continue, ils peuvent anticiper un licenciement économique en cherchant un poste ailleurs.

Antoine Bonnaud

 

L’IS à 28 %, un effet d’annonce ?

23 septembre 2016 corporate views Pas de commentaires

Durant l’été, le gouvernement a annoncé une baisse du taux normal d’impôt sur les bénéfices de 33,33% à 28% sensée aider les PME. Mais ce coup de pouce est-il vraiment efficace ou s’agit-il d’un simple effet d’annonce à l’approche des élections ?

Des PME non soumises au taux normal d’imposition

De nombreuses entreprises ne sont pas concernées par cet allègement de l’IS, en particulier :

– les entreprises qui ont opté pour l’IR comme régime d’imposition fiscale des bénéfices.
– les entreprises soumises à l’IS qui réalisent habituellement un bénéfice inférieur à 38120 €. Elles rentrent alors dans le régime du taux réduit fixé à 15%.
– les entreprises soumises à l’IS en difficultés et qui enregistrent une perte.
– certaines entreprises soumises à l’IS qui profitent du report en avant ou en arrière pour échapper au taux normal en ramenant leur bénéfice sous le seuil de 38120 €.

Cet allègement, s’il profitera à certaines entreprises, en exclu un grand nombre. L’impact sur l’activité économique et sur la relance de l’emploi est donc discutable même si la démarche va dans le sens de la CGPME (confédération générale des petites et moyennes entreprises) qui souhaite un taux normal à 25%.

Des réformes attendues par les entrepreneurs sur d’autres impôts et taxes

Les entrepreneurs ont depuis des années demandé un allègement des charges et des taxes mais l’impôt sur les bénéfices n’a jamais été leur préoccupation centrale, précisément parce qu’il existe déjà des mécanismes pour échapper au taux normal.

En revanche, d’autres attentes n’ont toujours pas été prises en considération, en particulier la réforme du RSI, l’allègement des charges patronales (même si la loi Fillon fut une avancée positive) ou encore la réduction des taxes.

Alors messieurs les politiques, un peu d’audace !

Antoine Bonnaud

Le Crowdfunding, une alternative au financement bancaire

9 août 2016 business plans , company blog , corporate views , innovation , private finance Pas de commentaires

Le Financement Participatif France (FPF), plus communément appelé crowdfunding, est officiellement lancé en 2012. Il permet de financer des projets de nature entrepreneuriale, associative ou artistique et offrir une source de financement alternative aux établissements de crédit.

Plusieurs formes de crowdfunding selon la nature du projet et les attentes des investisseurs

Contrairement aux idées reçues et aux pratiques courantes des projets présentés via des plateformes Internet,  le crowdfunding ne prend pas pour unique forme le don bien que celle-ci soit particulièrement adaptée aux projets artistiques et associatifs. Pour les investisseurs et le financement d’entreprises, deux autres formes, existent :

  • Le crowdlending, c’est-à-dire le prêt participatif qui permet à un investisseur de financer un projet jusqu’à un million d’euros remboursable pour une durée maximale de 7 ans, avec ou sans intérêts.
  • Le crowdinvesting, qui revêt la forme classique de l’investissement dans une entreprise via l’entrée au capital et une éventuelle rémunération par les dividendes. La limite de financement est fixée à 2,5 millions d’euros par projet à partir de 2016 alors que le décret n°2014-1053 du 16 septembre 2014 fixait un plafond à 1 million d’euros. Un signal supplémentaire du réel engouement pour ce mode de financement qui permet à l’investisseur de peser sur les décisions de gestion et stratégiques de l’entreprise, notamment lors des assemblées générales.

Les risques de l’investisseur demeurent

Le crowdfunding reste un modèle d’investissement comme un autre qui expose les investisseurs au risque de faillite du projet financé. Aujourd’hui, les plateformes ont les armes législatives pour poursuivre en justice les apporteurs de projets qui ne rembourseraient pas, dans le cas du crowdlending, les investisseurs. Mais dans le cas d’une entreprise défaillante, les règles de la liquidation judiciaire s’appliquent et les créanciers n’ont souvent pas la possibilité de récupérer leurs fonds.

Il convient donc, pour tout investissement dans une entreprise, de respecter les règles de base de l’investisseur, à savoir rencontrer les créateurs du projet, étudier le business plan et s’informer sur le secteur d’activité de ce projet avant d’éventuellement le financer.

Enfin n’oubliez pas que passer par le crowdfunding rend public votre projet.

 

Antoine Bonnaud

 

Doper sa CAF pour faciliter le financement bancaire

9 août 2016 business plans , company blog , corporate views Pas de commentaires

Dans un contexte économique de plus en plus tendu et un environnement fortement concurrentiel, les PME sollicitent  les établissements de crédit pour obtenir des lignes de financement supplémentaires pour leur BFR et contracter des emprunts à moyen et long terme pour réaliser des investissements nécessaires au maintien de leur compétitivité.

Que les besoins de trésorerie soient à court ou long terme, l’accès à ces financements dépend principalement de la capacité d’autofinancement de l’entreprise (CAF). La CAF est la trésorerie dégagée par l’entreprise sur un exercice comptable. Elle regroupe l’ensemble des flux de trésorerie entrants (produits encaissés) et sortants (charges décaissés) synthétisés dans le compte de résultat. La notion de « flux de trésorerie » est essentielle pour comprendre la CAF. En effet, si le compte de résultat regroupe l’ensemble des produits et charges d’un exercice comptable (généralement une année), certains éléments ne sont pas des flux de trésorerie et doivent donc être annulés pour obtenir le montant de la CAF.

Les charges et les produits qui ne sont pas des flux de trésorerie sont principalement les dotations aux amortissements et les reprises. S’il existe deux méthodes pour calculer la CAF (additive(1) et soustractive) la très grande majorité des PME utilisent la formule simplifiée suivante : CAF = Résultat de l’exercice + Dotations aux amortissements – Reprises. Pour la réalisation d’un business plan, on ne tiendra pas compte des reprises.

La CAF pour les établissements de crédit

La CAF est donc une mesure du cash-flow (trésorerie) dégagé par l’entreprise. Plus son résultat est élevé, plus sa CAF augmente et plus l’accès au financement bancaire est facilité.

Les banques utilisent le ratio de capacité de remboursement pour calculer le montant qu’elles pourraient prêter aux entreprises. Ce ratio se calcule en divisant l’endettement net (dettes financières – disponibilités) par la CAF. Si ce ratio est supérieur à 3 ou 4 (selon la banque, le profil de l’entreprise et le relations commerciales entre les deux), les banques refuseront le financement ou demanderont des garanties supplémentaires si l’entreprise possède des actifs immobilisés (par exemple un nantissement sur fonds de commerce ou une hypothèque sur un bien immobilier).

Rappelons enfin que la CAF sert également à autofinancer des investissements, rembourser les emprunts, payer les dettes fournisseurs, fiscales et sociales, verser les dividendes aux actionnaires…Les entreprises doivent donc chercher à optimiser leur CAF pour renforcer leur solidité financière et assurer leur développement.

 

Antoine Bonnaud

(1) Formule additive pour calculer la CAF (la formule soustractive doit aboutir au même montant) =

Résultat net de l’exercice + Dotations aux amortissements – Reprises + Valeur comptable des éléments d’actifs cédés (#675) – Produits de cession d’éléments d’actifs cédés (#775) – Quote-part de subventions virées au résultat (#777)