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Les obligations : mécanismes, opportunités et risques

24 juin 2017 private finance Pas de commentaires

Les obligations constituent un placement financier parfois oublié des particuliers dont l’attention se porte principalement sur les marchés de l’immobilier et des actions. Pourtant, le marché obligataire peut offrir un couple risque/rentabilité attractif et moins volatile.

Mécanisme

Un emprunt obligataire est un emprunt émis par une entreprise ou un Etat sur les marchés financiers dans le but de se financer. Seules les entreprises cotées sur un marché réglementé peuvent se financier par ce canal. Ceux qui vont souscrire à cet emprunt sont appelés les obligataires et peuvent être des Etats, des entreprises, des fonds d’investissement ou des particuliers.

Un obligataire va ainsi prêter de l’argent à une entreprise qui va s’engager à le rembourser à une certaine échéance. En contrepartie, l’obligataire recevra périodiquement des intérêts appelés coupons. Chaque emprunt obligataire a ses propres caractéristiques : l’entreprise peut choisir par exemple de verser plus de coupons mais de rembourser un montant plus faible à l’échéance ou au contraire réduire le taux de coupon et augmenter le montant remboursé à l’échéance. Chaque investisseur se positionnera par rapport à ses attentes (recevra des coupons régulièrement ou recevoir une somme plus importante à l’échéance) qui sont souvent influencées par la fiscalité.

Un emprunt obligataire peut prendre plusieurs formes :

  • classique : un obligataire sera remboursé à l’échéance.
  • obso : un obligataire peut souscrire s’il le désire à des obligations supplémentaires grâce à un bon de souscription
  • obsa : un obligataire peut souscrire s’il le désire à des actions de l’entreprise grâce à un bon de souscription
  • oca : un obligataire peut convertir ses obligations en actions en fonction d’une parité définie par l’entreprise
  • ora : un obligataire sera remboursé à l’échéance sous forme d’actions de l’entreprise

Enfin les obligations peuvent être à taux fixe ou à taux variable. Dans ce dernier cas, le taux de coupon est indexé sur un taux de référence.

Vocabulaire

valeur nominale : valeur sur laquelle sont calculés les coupons. Elle ne correspond pas à la valeur de marché de l’obligation.

prix d’émission : prix auquel l’obligataire achète les obligations. Il s’agit de la valeur de marché (cotation en bourse).

prime d’émission : la différence entre le prix d’émission et la valeur nominale.

prix de remboursement : prix auquel est remboursé l’obligataire. Un remboursement au pair signifiera que le prix de remboursement = valeur nominale ; un remboursement au-dessus du pair signifiera que le prix de remboursement > valeur nominale ; un remboursement au-dessous du pair signifiera que le prix de remboursement < valeur nominale. Ce prix de remboursement est fixé au départ et est souvent fixé en pourcentage de la valeur nominale. Exemple : si une valeur nominale vaut 100 euros et que le remboursement est de 105%, cela veut dire qu’une obligation sera remboursée 100 x 105 % = 105 €, soit une prime de remboursement de 5 €.

taux de coupon : taux à partir duquel se calcule un coupon en euros. Ce taux s’exprime toujours par rapport à la valeur nominale. Exemple : soit un taux de coupon de 5% pour une obligation ayant une valeur nominale de 100 €. Le coupon perçu pour chaque obligation détenue sera donc de 5% x 100 € = 5 €. Ce taux de coupon peut être fixe ou variable selon les caractéristiques de l’emprunt.

Risques

On identifie trois principaux risques pour le placement obligataire :

  • le risque de défaut : c’est le risque que l’entreprise ne puisse pas rembourser les obligataires. Pour orienter les investisseurs, les marchés attribue un niveau de risque pour chaque emprunt obligataire. Par ailleurs, les emprunts obligataires d’Etat sont moins rentables que les emprunts auprès des entreprises car le risque de défaut est quasiment nul.
  • le risque de taux : sur le marché obligataire, une hausse des taux entraîne une baisse de la valeur de l’obligation (et inversement). Cette fluctuation n’a aucune incidence pour l’obligataire qui va jusqu’à l’échéance. En revanche, un obligataire qui souhaiterait revendre ses obligations avant l’échéance pour récupérer des fonds pourrait être pénalisé. Il peut donc y avoir un risque de perte en capital sur les obligations en cas de sortie avant l’échéance. Le risque de taux s’applique aussi aux obligations à taux variable en cas de baisse (dans ce cas le taux de coupon et donc les coupons diminuent).
  • le risque de change : cela concerne les obligations émises en devise étrangère. E l’échéance, l’obligataire se fera rembourser, par exemple, en dollars…mais le cours de change aura évolué (favorablement ou défavorablement) par rapport à la date à laquelle il avait souscrit à l’emprunt.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter.

 

Antoine BONNAUD